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A Guatemala City, la révision de ma moto a pris plus de temps qu’attendu, de sorte que j’ai perdu en journée. Déjà ça allait être super court pour être à Panama dans une semaine, mais là, ça paraissait foutu. Puis j’ai eu la nouvelle que mon bateau aura une journée de retard, et je suis de nouveau sur les rails. Mais je n’ai pas de marge, il faut que je fonce.

Je sais que passer les frontières un peu exotiques un dimanche n’est jamais une bonne idée, mais je n’ai pas le choix, il me reste 3 pays à traverser. Ce qui d’ailleurs est plutôt frustrant, car je fonce trop, et n’ai pas le loisir nécessaire pour rencontrer les gens, me faire une impression plus profonde des pays que je traverse.

Ce coup-ci, j’ai du payer, et j’ai payé pas mal. L’entrée au Honduras m’a coûté plus de 250$, mais je n’avais pas le choix ; le deal était clair : Où bien je payais, où bien je passais la nuit à la frontière, qui d’ailleurs était plutôt dégueulasse, et pas un endroit recommandable pour un touriste seul sans hôtel. Il n’y avait personne pour me plaindre, je devais graisser la patte à tous. Le Honduras n’a pas de liens renforcés avec les US, ni avec l’UE ; alors les touristes comme moi, on s’en fout. D’ailleurs il ne passe ici que 1-2 touristes par jour, alors…

Avant moi, il y avait une voiture immatriculée au Mexique, qui attendait depuis 6 heures. Il était déjà 1h de l’après-midi,  il me restait au moins 3 h de route, et je ne voulais en aucun cas rouler la nuit. Ceci est bien trop dangereux, pour différentes raisons.

Alors j’ai payé, et deux heures plus tard j’étais en route ; les Mexicains attendaient toujours.

Alors que j’étais assis là à attendre, je me suis un peu entretenu avec les gens, et je me suis étonné que les 2 postes de frontière, ceux du Salvador et celui du Honduras étaient distants de 2 km, ce qui n’est jamais un bon signe. Eh, bien les 2 pays ne s’aiment pas trop ; ils se sont fait la guerre plusieurs fois, dont une qui est entrée dans l’histoire comme la « Guerre du football ». Bien sur, il y avait déjà de sérieuses tensions avant, mais c’est effectivement un match de football, qui en 1969 a tout déclenché : Après de violents affrontements entre fans après le match aller et d’avantage encore après le match retour, les deux pays sont effectivement entrés en guerre pendant 7 jours ! Plus d 2000 personnes sont mortes, 300.000 ont été déplacés, et le Salvador a perdu quasi la totalité de sa force aérienne, bien que finalement gagnant sur le terrain. Il fallut 11 ans pour signer un traité de paix, et ce n’est qu’en 1998 qu’on s’est mis d’accord pour régler le problème de frontière, mais qui n’a toujours pas été appliqué.

A peine 10 km après la frontière, un premier poste de contrôle de police à voulu m’extirper de l’argent, mais je les ai envoyé promener (Un peu poliment, tout de même) et j’ai continué ma route.

En arrivant à Tegucigalpa, la capitale, le pire orage que j’ai jamais vu, a éclaté. En plein après-midi, il faisait presque noir, un vrai déluge s’est abattu et toutes les routes ont été inondées en quelques instants. J’ai roulé dans une quinzaine de cm d’eau. Ceci, le noir presque complet et ma visière totalement embuée ont rendu la conduite extrêmement dangereuse car je ne voyais plus les nids de poule, qui ici ont souvent des profondeurs impressionnantes. J’ai mis plus d’une heure pour couvrir les derniers 10 km.

Les catastrophes naturelles sont monnaie courante ici. En 1998 un ouragan a durant 5 jours détruit 80% des infrastructures du pays. Dix ans plus tard, c’étaient d’énormes inondations, qui ont à nouveau tout démoli. Et puis il y a encore les tremblements de terre..

Et, finalement, si ce n’est pas la nature qui met le pays à mal, ce sont les politiciens. Le peuple souffre, mais dès que des mouvements marxistes deviennent trop puissants, l’armée avec le bienveillant soutien de la CIA nettoie sans pitié.

Si cela vous intéresse de rencontrer des douaniers et des policiers corrompus, c'est ici que cela se passe